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Hermóðr : Figure divine des Æsir, célèbre pour avoir accompli l’un des voyages les plus extraordinaires de la mythologie nordique : descendre vivant dans le royaume de Hel pour tenter de ramener Baldr. Tandis que d’autres dieux se distinguent par leur force, leur sagesse ou leur maîtrise de la magie, Hermóðr se définit principalement par une action. Lorsque Baldr meurt et que les dieux ont besoin de quelqu’un prêt à emprunter le chemin du monde des morts, Hermóðr monte Sleipnir et part. Son voyage dure neuf nuits. La mort de Baldr bouleverse les dieux. Loki a découvert que le gui a été exclu des serments obtenus par Frigg pour protéger son fils. En utilisant l’aveugle Höðr, il parvient à faire atteindre Baldr par le projectile. Le dieu tombe mort. Frigg garde encore un espoir. Elle demande parmi les Æsir qui est prêt à se rendre chez Hel pour offrir une rançon en échange de son fils et demander qu’il puisse revenir à Asgard. Hermóðr accepte la mission. Pour l’accomplir, il reçoit un compagnon exceptionnel. Sleipnir. Le cheval à huit jambes d’Odin. Hermóðr monte Sleipnir et commence la descente. Il chevauche pendant neuf nuits à travers des vallées profondes et obscures. Le nombre neuf revient constamment dans la tradition nordique et se trouve étroitement associé à des événements rituels et cosmologiques : les neuf mondes, les neuf nuits d’Odin suspendu à Yggdrasil et d’autres cycles mythiques. Dans le voyage d’Hermóðr, les neuf nuits font du trajet bien davantage qu’une chevauchée. C’est une descente progressive hors du monde des vivants. La lumière disparaît. Le chemin se poursuit. Hermóðr continue d’avancer. Il atteint enfin Gjallarbrú, le pont sur la rivière Gjöll qui mène vers Hel. Le pont est couvert d’or resplendissant. Il y rencontre sa gardienne : Móðguðr. Elle lui demande son nom et son lignage. Elle lui révèle aussi quelque chose d’inquiétant. La veille, cinq groupes d’hommes morts ont traversé le pont, mais Hermóðr produit à lui seul un vacarme plus grand qu’eux tous réunis. Il y a une raison. Hermóðr est encore vivant. La gardienne comprend que ce cavalier n’appartient pas au flot ordinaire des morts. Hermóðr lui explique qu’il cherche Baldr. Móðguðr répond que Baldr a déjà traversé le pont et lui indique le chemin à suivre vers Hel. Hermóðr poursuit sa route jusqu’aux portes qui protègent le royaume des morts. Elles sont fermées. Alors Sleipnir montre pourquoi il n’est pas un cheval ordinaire. Hermóðr serre les rênes. L’animal saute. Sleipnir franchit les portes de Hel d’un seul bond. La scène constitue l’un des moments visuellement les plus extraordinaires du récit. Un cavalier vivant chevauche le cheval à huit jambes d’Odin et franchit une frontière destinée à séparer les morts de ceux qui respirent encore. Hermóðr est entré en Hel. Dans le royaume, il trouve ce qu’il cherchait. Baldr est là. Hermóðr le trouve assis à une place d’honneur. Ce détail est important. Baldr est mort, mais il n’a pas été détruit. Il conserve son identité, sa présence et sa capacité à communiquer. Hermóðr passe cette nuit auprès de lui. La mission a atteint sa destination. Il doit maintenant convaincre la souveraine des lieux. Hermóðr se présente devant Hel et lui explique la douleur que la mort de Baldr a provoquée parmi les dieux. Il demande que Baldr puisse revenir. Hel impose une épreuve. Si Baldr est vraiment aussi aimé que le prétendent les Æsir, alors tous les êtres devront pleurer pour lui. Si tout ce qui existe pleure la mort de Baldr, Hel permettra son retour. Si une seule créature refuse, il restera parmi les morts. Hermóðr a accompli quelque chose d’extraordinaire. Il est arrivé vivant jusqu’à Hel. Il a trouvé Baldr. Il a parlé à la souveraine des morts. Il a même obtenu une possibilité de le libérer. Mais la dernière condition échappe à son pouvoir. Avant de repartir, Hermóðr reçoit des objets destinés aux vivants. Baldr lui remet Draupnir, l’anneau d’Odin. Odin avait placé Draupnir sur le bûcher funéraire de son fils. À présent, le même objet revient du royaume des morts. Baldr envoie aussi d’autres souvenirs, tandis que Nanna remet des présents destinés à Frigg et à Fulla. Hermóðr devient ainsi davantage qu’un messager. Il est le porteur d’objets qui ont franchi deux fois la frontière de la mort. Draupnir avait quitté Asgard comme offrande à un mort. Hermóðr le rend à Odin. Hermóðr prend le chemin du retour. Il traverse à nouveau les régions obscures. Il revient à Asgard. Il remet les présents et transmet la condition de Hel. Commence alors l’une des tentatives les plus extraordinaires de la mythologie nordique. Tout doit pleurer pour Baldr. Les êtres humains pleurent. Les animaux pleurent. La terre semble pleurer. Les pierres, les arbres et les métaux participent au deuil. Le monde entier semble prêt à remplir la condition. Jusqu’à la rencontre d’une figure appelée Þökk. Elle refuse. Dans la version de Snorri, il est suggéré que Þökk est Loki déguisé. Baldr reste en Hel. Hermóðr a accompli le voyage impossible. Mais il ne peut pas non plus contrôler ce qui se produit après son retour. Le voyage fait d’Hermóðr l’un des grands voyageurs entre les mondes de la tradition nordique. Son exploit diffère de celui d’Odin. Odin recherche constamment les limites entre la vie et la mort par la magie, les sacrifices, le savoir et le contact avec les morts. Hermóðr franchit cette frontière physiquement. Il chevauche jusqu’à elle. Il traverse le pont. Il saute les portes. Il entre. Il parle avec les morts. Puis il revient. La direction de son voyage est également significative. Les morts vont vers Hel et y restent. Hermóðr parcourt le chemin dans les deux sens. L’exploit ne peut pas non plus être séparé de Sleipnir. Le cheval à huit jambes est l’un des êtres les plus extraordinaires associés à Odin et possède une capacité exceptionnelle à se déplacer entre les lieux et les mondes. Hermóðr a précisément besoin de cette monture pour atteindre Hel et surmonter ses barrières. Durant cet épisode, le cavalier et le cheval forment un couple inséparable. Hermóðr apporte la volonté d’entreprendre le voyage. Sleipnir permet d’en franchir physiquement les frontières. Cela explique aussi pourquoi une représentation d’Hermóðr devrait accorder autant d’importance au cheval qu’au dieu lui-même. La généalogie d’Hermóðr présente une certaine complexité. Snorri emploie des expressions qui ont traditionnellement conduit à le considérer comme fils d’Odin et frère de Baldr. Il est donc souvent présenté ainsi dans les généalogies modernes. Cependant, les sources poétiques plus anciennes offrent une image moins claire et ne développent pas non plus sa généalogie sans ambiguïté. Il est donc prudent de distinguer la tradition transmise par Snorri de ce que l’on peut reconstituer avec certitude à partir de l’ensemble des sources. Son identité narrative, en revanche, ne laisse aucun doute : Hermóðr est celui qui chevauche jusqu’à Hel pour Baldr. Hermóðr n’a pas non plus besoin de vaincre quelqu’un durant sa grande aventure. Son courage s’exprime autrement. Il accepte de se rendre volontairement au lieu dont les morts ne reviennent généralement pas. Il voyage seul. Pendant neuf nuits. Il traverse un pont gardé. Il entre dans le domaine de Hel. Puis il se présente devant sa souveraine pour réclamer l’un de ses morts. Le récit ne décrit pas non plus de grands discours héroïques. L’action suffit. Frigg demande qui est prêt à chevaucher. Hermóðr monte en selle. Baldr reste mort. De ce point de vue, la mission échoue. Mais Hermóðr accomplit presque tout ce qui dépend de lui. Il trouve Baldr. Il obtient une audience auprès de Hel. Il obtient une condition pour sa libération. Il revient vivant. Il rend Draupnir à Odin. Il rapporte des nouvelles du royaume des morts. L’échec définitif survient ensuite, lorsque Þökk refuse de pleurer. Cela rend son histoire plus intéressante qu’une simple mission victorieuse. Hermóðr montre que même un exploit impossible peut se révéler insuffisant lorsque le destin du monde avance déjà vers le Ragnarök. Dans la mythologie nordique, descendre au royaume des morts ne constitue pas nécessairement la partie la plus extraordinaire. Tous finiront par voyager vers quelque lieu après leur mort. Ce qui est exceptionnel, c’est d’y entrer vivant. Et de revenir ensuite. Hermóðr franchit une frontière qui sépare deux états d’existence. Lorsqu’il revient à Asgard, il emporte avec lui quelque chose que les autres dieux ne possèdent pas : il a vu Baldr après sa mort. Il lui a parlé. Il a vu le domaine de Hel. Il connaît le chemin. Et il est revenu pour le raconter. Nom : Hermóðr / Hermod. Nature : figure divine associée aux Æsir. Généalogie : traditionnellement présenté comme fils d’Odin dans la tradition issue de Snorri, bien que sa filiation exige une certaine prudence lorsqu’on compare les sources. Grand exploit : voyager vivant jusqu’à Hel après la mort de Baldr. Motif du voyage : demander la libération de Baldr. Monture : Sleipnir, cheval à huit jambes d’Odin. Durée de la descente : neuf nuits. Lieu traversé : Gjallarbrú, le pont sur Gjöll. Gardienne rencontrée : Móðguðr. Rencontre principale : Hel. Objet rapporté : Draupnir, envoyé par Baldr à Odin. Résultat : il obtient une condition pour la libération de Baldr, mais le refus de Þökk empêche finalement son retour avant le Ragnarök. Attributs symboliques : voyage, courage, loyauté, rôle de messager, passage entre les mondes et contact entre les vivants et les morts. Destin durant le Ragnarök : les sources conservées ne donnent pas non plus de destin clair pour Hermóðr. Source principale : le Gylfaginning de l’Edda en prose. 
Hermóðr

Après la mort de Baldr
Neuf nuits vers Hel
Gjallarbrú
Le saut de Sleipnir
Baldr parmi les morts
La condition de Hel
Les cadeaux venus de Hel
Le retour
Le messager entre les mondes
Hermóðr et Sleipnir
Fils d’Odin ?
Le courage d’Hermóðr
Un voyage qui échoue et réussit à la fois
L’homme qui revint
Attributs
