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Mythes, folklore et croyances

Le monde sámi derrière les récits

Les peuples, les paysages et les mémoires derrière le monde septentrional de Le loup et la neige

Les peuples, les paysages et les mémoires derrière le monde septentrional de Le loup et la neige.

Lorsque Max voyage vers le nord dans Le loup et la neige, le paysage semble se vider autour de lui.

La ville disparaît d’abord.

Puis le chemin de fer.

Les routes deviennent incertaines. Les localités se font plus petites. La forêt, la montagne, la rivière et la neige prennent leur place.

Pour Max, élevé dans les rues et le port de Bergen, le Nord peut ressembler à une contrée sauvage.

Mais le Nord n’a jamais été vide.

Bien avant que la Norvège acquière ses frontières modernes, des communautés sámies vivaient dans une immense région qui s’étendait sur les territoires aujourd’hui partagés entre la Norvège, la Suède, la Finlande et la Russie. Elles chassaient, pêchaient, commerçaient, cultivaient la terre dans certaines régions, élevaient des rennes dans d’autres, se déplaçaient au fil des paysages saisonniers et développèrent des langues et des traditions façonnées par des environnements que les étrangers considéraient souvent comme lointains ou inhabités.

Dans la partie du nord de la Norvège que traverse Max, cette histoire compte tout particulièrement.

Le Helgeland n’était pas simplement un territoire norvégien recevant occasionnellement des visiteurs sámis. Les Sámis vivaient depuis des siècles le long de la côte, dans les vallées intérieures et à travers les montagnes. Dans la région sámie méridionale, les communautés associaient de diverses manières l’élevage du renne à la chasse, à la pêche, à l’agriculture, à l’artisanat et au travail salarié. Plusieurs établissements ruraux sámis subsistèrent autour du Trøndelag, du Namdalen et du Helgeland jusque tard au XIXe siècle, bien que beaucoup aient ensuite été absorbés par la population norvégophone.

Pour le monde derrière l’histoire de Max, cela change la carte.

Ce qui paraît vide peut déjà avoir un nom.

Ce qui paraît intact peut déjà avoir une histoire.

Et ce que Max appelle une contrée sauvage peut être la terre natale de quelqu’un d’autre.


SÁPMI

Une patrie plus vaste que les frontières

Sápmi ne peut se comprendre simplement comme « le nord de la Norvège ».

Il s’étend sur quatre États modernes et comprend plusieurs langues sámies, traditions régionales et expériences historiques.

Cette diversité est importante.

Les communautés sámies du sud du Nordland et du Helgeland ne sont pas interchangeables avec celles du Finnmark. La langue, les vêtements, les modes de déplacement, les moyens de subsistance et les pressions historiques différaient selon les régions.

Pour les paysages du voyage septentrional de Max, le monde sámi méridional est particulièrement important.

Le peuplement sámi méridional s’étendait historiquement sur des territoires situés des deux côtés de la frontière entre la Norvège et la Suède. Hattfjelldal, dans l’intérieur du Helgeland, demeure l’une des grandes régions sámies méridionales et est aujourd’hui considérée comme un foyer essentiel de peuplement, de langue et de culture. Les Sámis y dépendaient autrefois de la chasse, de la pêche et du piégeage, l’élevage du renne prenant progressivement davantage d’importance. La colonisation agricole norvégienne s’intensifia fortement dans les vallées au XIXe siècle.

Plus au nord du Nordland apparaissent d’autres régions linguistiques sámies.

Il n’a donc jamais existé de ligne invisible unique au-delà de laquelle aurait commencé « le monde sámi ».

La géographie culturelle était plus complexe.

Et plus ancienne que la frontière nationale tracée à travers elle.

Pendant des siècles, les familles se déplacèrent dans les paysages au gré des saisons, des animaux, de la pêche, des pâturages et des liens de parenté, plutôt que selon les divisions politiques bien nettes imprimées sur une carte du XXe siècle.

L’État voyait des frontières.

Les habitants voyaient des routes.


HELGELAND

La terre où entre Max

Le Helgeland est particulièrement important dans Le loup et la neige.

C’est le monde de Sandnessjøen, de Mosjøen, des vallées intérieures et, plus au nord, de Rana.

C’est aussi une région à la profonde histoire sámie.

Les données archéologiques et historiques témoignent d’une présence sámie ancienne dans tout le Helgeland. Sur la côte, les communautés sámies furent progressivement déplacées ou assimilées avec l’expansion du peuplement nordique. Les régions intérieures conservèrent beaucoup plus longtemps les usages sámis, surtout dans les forêts et les zones montagneuses que l’extension des fermes et la réglementation étatique allaient ensuite rendre litigieuses.

Cette distinction est importante, car l’image familière de la vie sámie — des rennes traversant un plateau arctique ouvert — ne décrit qu’une partie d’une réalité bien plus vaste.

Il existait des Sámis côtiers.

Des Sámis des montagnes.

Des Sámis ruraux vivant près des établissements norvégiens.

Des familles associant différentes activités.

Des personnes parlant sámi chez elles et norvégien ailleurs.

Des personnes dont les descendants cessèrent finalement de s’identifier publiquement comme sámis.

Lorsque Max entre dans ce paysage en 1931, une partie de son histoire sámie est déjà devenue difficile à voir pour les étrangers.

Elle n’a pas disparu.

Elle a été occultée.


VIVRE AVEC LA TERRE

Thorvald apprend à Max que la survie commence par l’observation.

La neige n’est pas simplement de la neige.

Les traces ne sont pas simplement des marques sur le sol.

Le vent change ce que l’on peut entendre.

La glace peut passer d’une surface sûre à un piège mortel.

Le comportement d’un animal peut révéler ce qu’un humain n’a pas remarqué.

Dans la mythologie de Le loup et la neige, Thorvald interprète cela à travers son héritage Vanir et, finalement, à travers Yggdrasil — un monde vivant dont les racines relient êtres, lieux et mémoire.

Le véritable savoir sámi appartient à une autre tradition.

Mais il s’est développé dans nombre des mêmes conditions physiques.

Les personnes se déplaçant dans les paysages septentrionaux avaient besoin d’une connaissance élaborée de la neige, du temps, de la végétation, des rivières, des animaux et des changements saisonniers. L’élevage des rennes dépendait notamment de la connaissance des moments et des lieux où les animaux pouvaient se nourrir, ainsi que de la manière dont les migrations saisonnières reliaient les différents territoires de pâturage.

Dans la société sámie méridionale, l’élevage du renne s’organisait historiquement autour de structures familiales et de sïjte, apparentées à l’institution appelée siida plus au nord. Les pratiques variaient selon les régions. Certaines impliquaient de longues migrations saisonnières, tandis que d’autres se déroulaient sur des distances bien plus courtes. Avant le renforcement de la réglementation étatique et des restrictions frontalières, certaines familles pouvaient se déplacer entre des zones estivales proches de la frontière et des zones hivernales du côté norvégien ou suédois.

Le paysage n’était donc pas une étendue vide traversée au hasard.

Il contenait des connaissances.

Des routes.

Des frontières.

Des lieux dangereux.

De bons pâturages.

Des eaux de pêche.

Des lieux associés à certaines familles.

La capacité d’y survivre n’avait rien de mystique.

Elle s’apprenait.

Se mémorisait.

Et se transmettait d’une génération à l’autre.


LE RENNE

Au-delà du symbole

Le renne est devenu l’un des symboles internationaux les plus reconnaissables de la culture sámie.

Cette image peut aussi être trompeuse.

Tous les Sámis n’étaient pas éleveurs de rennes.

Les communautés sámies historiques associaient de multiples façons la pêche, la chasse, l’agriculture, l’artisanat, le travail salarié et l’élevage. Dans les régions méridionales, certaines familles sámies établirent des fermes tandis que d’autres poursuivirent l’élevage du renne, et la distinction entre les différents modes de subsistance ne fut jamais absolue.

Pour les familles qui pratiquaient l’élevage, toutefois, le renne était bien plus qu’un animal évocateur se déplaçant dans la neige.

Il représentait un moyen de subsistance.

De la nourriture.

De la matière.

De la mobilité.

Une propriété.

Une responsabilité.

Et une partie d’un système saisonnier reliant les personnes au territoire.

Cette distinction est utile lorsqu’on lit la rencontre de Max avec un renne pendant son entraînement auprès de Thorvald.

Pour Max, l’animal fait partie d’une leçon sur la retenue et sur la nécessité de comprendre quand tuer est indispensable et quand cela ne l’est pas.

Dans le véritable monde septentrional qui l’entoure, le même animal pouvait porter un ensemble de significations entièrement différent.

Le roman emploie le renne comme symbole.

L’histoire nous rappelle que d’autres personnes en dépendaient matériellement.

Ces deux vérités peuvent occuper le même paysage sans devenir la même histoire.


LE NOAIDI ET LE TAMBOUR

Une autre manière de comprendre le monde

Les traditions spirituelles des sociétés sámies préchrétiennes naquirent elles aussi des relations entre les êtres humains, les animaux, les lieux et des forces qui ne pouvaient pas toujours être vues.

Le noaidi était un spécialiste religieux qui servait d’intermédiaire entre les communautés humaines et les puissances spirituelles. Les sources décrivent des traditions noaidi faisant intervenir la guérison, la divination et des voyages entre différentes sphères de l’existence. Le tambour pouvait remplir des fonctions aussi bien rituelles que divinatoires et portait des représentations symboliques du monde.

Pourtant, une grande partie de ce qui subsiste sur l’ancienne religion sámie nous parvient par des sources imparfaites.

Certains récits furent consignés par des missionnaires déterminés à détruire les pratiques qu’ils décrivaient. D’autres informations viennent de procédures judiciaires, de données archéologiques, des tambours conservés et de traditions orales enregistrées bien plus tard.

La certitude est donc difficile.

Et les reconstitutions imprudentes sont dangereuses.

Le monde religieux traditionnel sámi n’était pas une version septentrionale de la religion nordique.

Un noaidi n’était pas une völva sous un autre nom.

Un tambour sámi n’était pas un substitut du Gandr d’Anna.

Et la faculté de Max de descendre à travers les racines d’Yggdrasil ne représente pas un rituel sámi.

Ces éléments appartiennent à des mondes différents.

Cette distinction est importante dans Le loup et la neige.

Le seiðr d’Anna vient de la tradition mythologique nordique entourant les Vanir.

Le lien de Max avec Yggdrasil appartient à la cosmologie fictive du roman.

Eira n’est pas présentée comme un esprit sámi.

Le monde sámi existe à côté de cette mythologie, non en dessous.

Deux traditions peuvent contempler la même montagne et la comprendre différemment.


LORSQUE LES MONDES NORDIQUE ET SÁMI SE RENCONTRÈRENT

Ces mondes ne furent jamais totalement isolés.

Les populations nordiques et sámies interagirent pendant des siècles par le commerce, la fiscalité, les relations politiques, les conflits et les échanges culturels.

La littérature nordique médiévale associait également le Grand Nord et les Sámis à des savoirs surnaturels. Du point de vue des conteurs nordiques, la limite septentrionale de leur monde pouvait devenir un lieu de prophétie, de sorcellerie et de pouvoirs inhabituels.

Ces récits doivent être lus avec prudence.

Ils peuvent conserver des traces de véritables rencontres culturelles.

Ils révèlent aussi comment une société en imaginait une autre.

Lorsque les sources nordiques décrivent les Sámis comme dotés d’une magie extraordinaire, elles nous disent quelque chose de leur réputation auprès de leurs voisins.

Elles nous parlent peut-être tout autant de la peur nordique face à des connaissances inconnues.

Cette distinction trouve naturellement sa place dans Les racines du monde.

Il ne s’agit pas de déterminer quel mythe aurait « emprunté » à l’autre.

Il s’agit de comprendre que le nord de la Scandinavie ne fut jamais culturellement silencieux.

Les histoires traversaient elles aussi les frontières.


LORSQUE L’ANCIENNE RELIGION PASSA DANS LA CLANDESTINITÉ

À l’époque de Max, la religion traditionnelle sámie avait déjà subi des siècles de répression.

Les campagnes missionnaires chrétiennes s’intensifièrent aux XVIIe et XVIIIe siècles. Les missionnaires confisquèrent et détruisirent les tambours, attaquèrent les sites sacrés et redéfinirent les anciens dieux et esprits comme des superstitions dangereuses ou des pratiques démoniaques.

Le Centre d’études sámies de l’UiT décrit directement ce processus : les traditions religieuses sámies furent progressivement évincées à mesure que le christianisme devenait dominant, tandis que des éléments de l’ancienne religion survivaient ou entraient dans la clandestinité.

La tradition noaidi souffrit tout particulièrement.

De nombreux tambours furent détruits ou retirés aux communautés qui les utilisaient. Des lieux sacrés appelés sieidi furent attaqués. Au XIXe siècle, l’usage public du tambour rituel avait en grande partie disparu.

Il ne faut donc pas décrire une famille sámie de 1931 comme si elle était sortie intacte d’un récit religieux du XVIIe siècle.

Des générations avaient passé.

Beaucoup de Sámis étaient chrétiens.

Certains appartenaient à des communautés profondément chrétiennes.

Les anciennes croyances pouvaient survivre sous forme d’histoires, de coutumes, de souvenirs, de pratiques de guérison ou d’attitudes envers certains lieux, sans constituer une religion préchrétienne complète et intacte.

Cette survie fragmentée est en réalité plus intéressante.

La mémoire ne conserve pas toujours un monde entier.

Parfois, elle conserve un avertissement.

Une histoire.

Un lieu que les gens refusent de déranger.

Une pratique dont l’explication originelle a été oubliée.


1931

La pression pour devenir norvégien

L’année où se déroule l’histoire de Max modifie encore le ton.

En 1931, la pression exercée sur la langue et l’identité sámies n’appartenait pas à un lointain passé historique.

Elle se déployait autour de lui.

La politique d’assimilation norvégienne — le fornorsking, généralement traduit par norvégianisation — était appliquée systématiquement depuis le XIXe siècle. L’éducation en devint l’un des principaux instruments.

Les règles introduites à la fin du XIXe siècle imposèrent de plus en plus le norvégien comme langue d’enseignement et restreignirent l’usage du sámi. Des internats furent également créés dans les régions sámies, notamment dans certaines parties du Nordland et du Trøndelag. Des enfants pouvaient être instruits dans une institution dont la langue et les présupposés culturels différaient de ceux de leur famille.

L’expérience sámie méridionale présentait des particularités régionales.

Après la séparation de la Norvège et de la Suède en 1905, les enfants sámis méridionaux de Norvège ne pouvaient plus simplement fréquenter des écoles sámies de l’autre côté de la frontière suédoise, comme certains l’avaient fait auparavant. Avant la Seconde Guerre mondiale, leurs principales possibilités comprenaient l’école municipale ordinaire ou l’internat de Havika, près de Namsos, géré par des organisations missionnaires.

L’assimilation se produisait aussi hors de l’école.

La pression économique, les préjugés et les avantages sociaux liés à la langue et à l’identité norvégiennes poussèrent de nombreuses familles sámies à cacher ou abandonner leur identification publique comme sámies. Les récits historiques des régions sámies méridionales décrivent l’absorption de populations rurales et côtières par la société norvégienne environnante au XIXe et au début du XXe siècle.

Max pouvait donc traverser un village en 1931 et croire que tous ceux qui l’entouraient étaient simplement norvégiens.

L’histoire familiale de certains aurait pu raconter autre chose.


LA TERRE AUSSI ÉTAIT CONTRÔLÉE

L’assimilation ne se limitait pas à la langue.

L’État réglementait de plus en plus la manière dont l’élevage sámi du renne pouvait utiliser les terres.

À la fin du XIXe siècle, de nouvelles lois créèrent des districts, restreignirent les déplacements et accordèrent aux autorités un contrôle considérable sur les lieux où les éleveurs pouvaient opérer et le nombre d’animaux qu’ils pouvaient posséder. La loi complémentaire de 1897 sur les rennes interdisait l’élevage hors des zones désignées sans autorisation et permettait même aux municipalités d’imposer des restrictions totales dans certains endroits. De nombreux Sámis considéraient cette législation comme une grave intrusion de l’État.

Une loi nationale sur l’élevage du renne suivit en 1933 — deux ans seulement après les événements de Le loup et la neige.

Cette chronologie est révélatrice.

Le paysage traversé par Max peut paraître sauvage et incontrôlé.

Pour ceux dont les moyens de subsistance dépendaient du déplacement des rennes, l’État traçait de plus en plus de lignes à travers cette nature.

Une montagne pouvait sembler intemporelle.

Le droit légal de l’utiliser ne l’était pas.


ELSA LAULA RENBERG

Une voix venue du Nord de Max

Une figure historique confère à 1931 une importance particulière.

Elsa Laula Renberg était sámie méridionale.

Elle était éleveuse de rennes, sage-femme diplômée, organisatrice et l’une des pionnières du militantisme politique sámi moderne.

Sa vie était étroitement liée aux régions sámies méridionales entourant le Helgeland.

En 1917, elle joua un rôle central dans l’organisation de la première grande réunion politique sámie transfrontalière à Trondheim. Environ 150 personnes y participèrent. La réunion aborda l’élevage du renne, la scolarisation et l’organisation politique, et les femmes représentaient une proportion exceptionnellement élevée des participants pour une réunion politique de cette époque.

C’est cet événement que commémore aujourd’hui le 6 février, Journée nationale sámie.

Il existe aussi un lien géographique remarquable avec le voyage de Max.

En mai 1916, Elsa Laula Renberg écrivit au sujet de son projet de future réunion alors qu’elle voyageait à bord du vapeur côtier Midnatsol entre Trondheim et Sandnessjøen.

Le même corridor maritime appartient au véritable monde septentrional exploré dans Le loup et la neige.

Puis l’histoire et le roman se rencontrent en une même année.

Elsa Laula Renberg mourut à Brønnøy, dans le Helgeland, le 22 juillet 1931.

Alors que le voyage fictif de Max traverse le nord de la Norvège, l’une des plus importantes vies politiques sámies du début du XXe siècle prend fin dans la même région.

La coïncidence n’a besoin d’aucun embellissement fictif.

Elle nous dit déjà quelque chose d’important.

Le Nord où arrive Max n’attendait pas d’être découvert.

Des gens se battaient déjà pour son avenir.


LE SÁPMI RÉEL / LE NORD DU ROMAN

La distinction est simple.

Sápmi est réel.

Les Sámis sont des peuples réels, dotés de cultures, de langues et d’histoires vivantes.

La présence historique sámie méridionale dans le Helgeland est réelle.

L’élevage du renne, l’usage saisonnier des terres et le sïjte sont réels.

La tradition noaidi et les témoignages préservés de la religion sámie préchrétienne sont réels, même si les archives historiques sont incomplètes.

La christianisation et la destruction des tambours et des sites sacrés sont réelles.

La norvégianisation est réelle.

Le mouvement politique incarné par Elsa Laula Renberg est réel.

Max est fictif.

Thorvald est fictif.

Skoll est fictif.

Eira appartient au monde surnaturel du roman.

Les lignées Vanir cachées et la Broderskap sont fictives.

Yggdrasil vient de la mythologie nordique, tandis que la capacité physique de Max de descendre dans ses racines fait partie du système magique créé pour Le loup et la neige.

Ces catégories doivent rester distinctes.

Les Sámis n’existent pas dans le roman pour expliquer la magie Vanir.

Leur histoire accomplit quelque chose de plus important.

Elle change notre manière de comprendre la terre qui l’entoure.


LE NORD N’A JAMAIS ÉTÉ VIDE

Thorvald emmène Max loin de Bergen parce qu’il croit que la distance peut le maintenir en vie.

À mesure qu’ils voyagent vers le nord, les signes du monde moderne commencent à disparaître.

Finalement, il reste la forêt.

La neige.

Une cabane.

Un vieil arbre.

Une rivière gelée.

Des loups.

Des rennes.

Et un garçon qui apprend que la survie dépend de la capacité à voir ce qu’il ignorait autrefois.

Il serait facile de décrire ce paysage comme intact.

Il ne l’était pas.

D’autres avaient traversé ces montagnes avant Max.

Ils avaient pêché dans ces rivières.

Chassé dans ces forêts.

Déplacé des rennes au fil des saisons.

Élevé des enfants là.

Enterré des proches là.

Disputé des terres là.

Perdu leur langue là.

Préservé leurs souvenirs là.

Ils portaient des noms pour des lieux qu’un visiteur aurait pu croire n’avoir jamais été nommés.

Et en 1931, tandis que Max découvre les racines fictives sous le monde, les familles sámies du véritable Nord vivent une autre lutte pour la mémoire : ce qui peut être conservé, ce qui doit être caché et ce qui risque de disparaître lorsque l’on apprend à la génération suivante à devenir quelqu’un d’autre.

Le monde sámi derrière Le loup et la neige n’est donc pas l’origine de la magie de Max.

Il fait partie de l’histoire humaine de la terre qu’il traverse.

Max atteint le Nord en croyant être entré dans une contrée sauvage.

L’histoire nous dit autre chose.

Le Nord n’a jamais été vide.

Max y était simplement nouveau.